Et si nous ré-enchantions le monde ??

Déjà quelques mois que j’avais noté que Thomas d’Ansembourg,  figure de la Communication Non-Violente dans la francophonie et auteur de Cessez d’Etre gentil soyez vrai, revenait faire une conférence à Grenoble. J’avoue que je suis une grande fan du personnage. C’est d’abord lui qui m’a fait découvrir la CNV, lors d’une journée d’initiation joyeuse et ensoleillée, il y a trois ans. Et ses bouquins, ses interventions trouvent  toujours beaucoup d’échos en moi.

Notre procrastination habituelle a cependant fait que nous n’avons pas pu avoir de billets dans les temps… Quelle déception !  Nous avons quand même décidé, mon homme et moi, d’y aller quand même en espérant que des places se délivrent au dernier moment. Eh bien, notre confiance a payé et nous avons pu assister à la chouette conférence sur ré-enchanter le monde ! J’aime prendre des notes dans ce genre d’événement, mais –par flemme, il faut bien l’avouer- je ne publie pas trop souvent de compte-rendus sur le net.  Mais j’ai trouvé l’intervention de Thomas tellement riche que cette fois,  j’ai l’élan de partager mes notes et impressions ici.

 

Ré-enchanter le monde,  conférence de Thomas D’Ansembourg, le 27/1 à Grenoble

La plupart d’entre nous ont une la nostalgie de l’enchantement. Nous nous sentons comme en exil d’une terre familière.

Les promesses de la science nous ayant déçus, nous avons un sentiment de déconvenue devant le monde tel que nous le voyons. D’où l’idée que si nous voulons transformer le monde, il faut d’abord changer le mode de pensée qui nous l’a fait faire.

1/ Le cheminement personnel, creuset d’une transformation du monde

En effet « Si on fait ce que l’on a toujours fait, on obtiendra ce que l’on a toujours obtenu » (la formule est de Paul Watzlawick). Et nous avons tendance à préférer un malheur connu à un bonheur inconnu. Heureusement, de plus en plus de personnes cherchent un bonheur PERSONNEL et VIVANT dans la CONSCIENCE DE NOUS TOUS.

Selon Patrick Vivertet (philosophe et essayiste, ancien conseiller référendaire à la cour des comptes), les mécanismes du capitalisme fondés sur l’avidité sont destinés à compenser le mal être de la catégorie possédante. L’enjeu du monde est une question de répartition des ressources, et non de disponibilité.

On devrait apprendre l’enchantement dès la maternelle, au même titre que les maths ou l’écriture, car les hommes ne sont pas sur terre pour réussir leurs examens.

Thomas nous propose un exercice : réfléchir sur un moment qui est pour nous enchanteur et le partager avec notre voisin de salle. Quels sont les valeurs et besoins qui sont comblés lors de ces moments ? Qu’est-ce que ça produit à l’intérieur de nous ? Il y a de grandes chances que nous sentions une dilatation de notre être et un sentiment d’élan, d’aspiration vers cet enchantement, ces valeurs.

La non violence, l’intimité, ce n’est pas éviter le conflit, c’est sortir d’une vision du monde basée sur les rapports de force, laquelle nous a été inculqué depuis notre enfance

La violence entraîne la contraction de notre être, nous sentons quelque chose se serrer à l’intérieur de nous. Elle nous éloigne de notre vraie nature : la communication (il n’y a qu’à voir le plaisir avec lequel les gens échangent dans la salle lors du petit exercice), voire même la communion. Nous prenons conscience que le fait de partager en discutant un moment enchanteur est en soi un enchantement.

Travailler sur l’intériorité, conduit à s’aligner sur le fil rouge PERSONNEL, conducteur de notre vie. C’est passer de la souffrance de la division et du morcellement à la paix. C’est passer du manque et du vide, à la plénitude, de l’incohérence à la cohérence, de l’ego à l’être.

Les états de pensée sont contagieux, ce que démontrent les travaux d’Ervin Laszlo. On peut émettre l’hypothèse qu’il existe une sorte de « Google cosmique » dans lequel les individus puisent on ne sait trop comment des idées bien en avance sur leur époque (par exemple Hildegarde de Bingen qui a trouvé des remèdes que l’on redécouvre aujourd’hui à la lumière des sciences)

Il faut développer partout l’hygiène de conscience qui permet d’obtenir la paix. Ce développement passe par un travail sur soi, et également par le fait d’accepter les passages à vides du début, non comme un problème, mais comme un ingrédient de ce travail.

On est divisé par la pensée binaire, on pense être toujours dans l‘obligation de choisir (par exemple entre une carrière artistique et un projet humanitaire). Pourtant ce n’est pas parce qu’on n’a pas de solution maintenant, que nous n’allons pas en trouver une plus tard. En pratique, on constate que lorsque tous nos besoins sont reconnus, une solution émerge.

D’où l’idée qu’un citoyen pacifié est un citoyen pacifiant.

2/ Qu’est ce qui fait émerger la nostalgie

Il semble que l’humanité, du temps des chasseurs cueilleurs, ait fait l’expérience d’une certaine douceur (en témoigne les restes humains de cette époque, où les squelettes ne portent quasiment pas de traces de violence). On peut émettre l’hypothèse selon laquelle les choses se gâtent avec la sédentarisation, et son corollaire la propriété. C’est ainsi que la femme devient la servante de l’homme, qui décide qu’il lui faut toujours plus de possession pour se sécuriser. La terre et le monde, deviennent des biens,  c’est la naissance du patriarcat et du capitalisme.

Selon Thomas D’Ansembourg, nous subissons deux arrachements successifs, tout d’abord, nous sommes expulsés d’un « Grand Tout » pour nous incarner dans le ventre de notre mère, et puis nous en sommes chassés à la naissance, pour devenir des êtres autonomes. Ça fait beaucoup de déchirements, des atterrissages successifs qui assomment nos êtres, et auxquels nous faisons généralement face de deux façons :

  • L’agressivité, l’ego (« Moi, je , je je… »)
  • La recherche éperdue de socialisation, qui nous fait oublier qui nous sommes pour nous sentir acceptés.

On oscille généralement entre ces deux attitudes, pris entre la peur d’apparaître et celle de disparaître. Tout ça laisse peu de place à un « nous », à un ré-enchantement dans notre appartenance au vivant. Pourtant, la vérité est que nous ne sommes séparés de rien, sauf dans nos systèmes de pensées. En effet, nos systèmes de pensées, hérités des Lumières nous font considérer la nature comme une chose :

  • Le monde serait une grande horloge, un assemblage d’engrenages (Isaac Newton, père de la physique moderne). C’est une vision binaire, linéaire, séquentielle.
  • La dichotomie entre le corps et l’esprit
  • L’idée de Descartes selon laquelle le tout est la somme des parties. Dans cette vision par exemple, une truite, c’est juste un assemblage de morceaux de truite. La vie, le souffle, sont tout simplement ignorées. On peut aussi prendre l’exemple d’une mayonnaise qui n’est que la somme de trois ingrédients, mais qui est tellement plus que ça, et pour laquelle les ingrédients ne pourront jamais revenir à l’état initial.
  • L’interprétation de la théorie de Darwin sur l’évolution, le fameux « manger ou être manger» (au passage, ce qu’a écrit Darwin sur l’empathie chez les animaux a été ignoré)
  • La culture du malheur : la vie est rude, « on n’est pas là pour rigoler ». Par conséquent, la peur de perdre un bonheur du fait d’un événement extérieur fait de nous des champions de l’auto sabotage.

Le fait est que nous sommes des êtres infinis coincés dans des corps finis. Si on ne trouve pas des façons personnelles et vivantes de nourrir l’infini en nous, la désolation et l’amertume s’installent, ce qui conduit au cynisme et à la violence.

Des pistes vers l’intériorité:

  • Ecouter nos rêves pour cerner ce qu’ils nous apprennent sur nos besoins profonds, et chercher comment s’occuper de ces besoins dans la vie de tous les jours.
  • Apprendre à contempler ce qui est juste là devant nos yeux.
  • Il est important de se poser la question sur « est-ce que ma façon d’être au monde incarne le rêve que j’ai pour le monde ». Par exemple, soyons inspirés par l’attitude de Mandela, qui, au sortir de 33 ans de prison, s’allie avec ceux qui l’ont condamné pour tourner la page de l’apartheid. Ici, le « je »  est mis au service de la communauté, au mépris des rancunes personnelles.

Il semble que de telles attitudes se développent chez les individus d’aujourd’hui. C’est très encourageant quand on sait connaît des travaux scientifiques qui font apparaître que, quand un petit nombre d’individu atteint un certain niveau de conscience, celui ci se propage dans toute la communauté, par un phénomène encore inexpliqué qui passe de conscience à conscience, sans l’aide des cinq sens (les observations de Rupert SHELDRAKE sur les mésanges et les bouteilles de lait)

En outre, on note dans la population mondiale l’émergence de « créatifs culturels», c’est-à-dire  des personnes dont la pensée s’éloigne du mode dominant fondé sur l’individualisme et la pensée binaire (voir le film DEMAIN). On remarque aussi que dans les villes où la délinquance est forte, si une partie de la population se met à méditer, le taux d’infraction chute. Comme si la fréquentation de l’absolu nous permettait d’avoir un impact direct sur le monde. Ainsi, la part de chaque colibri, mise bout à bout, peut donc faire une belle envolée.

La terre, un petite plante à protéger

J’avais déjà lu « Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons nous ? Vers l’intériorité citoyenne », le livre dont est tiré cette conférence,  je connaissais donc déjà le fond du propos. J’ai cependant bien accroché cette fois-ci, plus qu’à la lecture du bouquin qui ne m’avait que moyennement convaincue. Je trouve que l’idée selon laquelle un citoyen pacifié est un citoyen pacifiant devrait être diffusée partout. Je suis convaincue du fait que la non-violence commence à l’intérieur de nous, et qu’il faut emprunter la difficile et inconfortable voie de l’intériorité si nous souhaitons répandre quoi que ce soit de positif dans notre entourage.  

Thomas D’Ansembourg a aussi parlé de la sensation de déchirement de notre être , pris dans des aspirations contradictoires et de la possibilité de s’en sortir sans faire de choix binaires… J’ai été brassée très sensible à cette partie qui rejoint mon expérience actuelle. Ecrire, faire de la musique, s’engager dans une association, avoir un salaire qui permette d’offrir indépendance et qualité de vie à ma famille, autant d’envies, de tensions qui me paraissent douloureusement inconciliables. Je vais donc continuer de travailler sur mes besoins et m’accrocher très fort à l’idée, qu’un jour, une solution va émerger…

Je suis perplexe devant certaines expériences présentées (en particulier les travaux sur la conscience de l’eau, que mon esprit critique trouve un peu «perchés »). En revanche, j’aime bien l’idée du « google cosmique ».  Je suis une grande utilisatrice d’internet,  j’ai le réflexe de tout y chercher (trop ??). Par  conséquent l’idée que tout est déjà là et que développer l’intériorité permet de mettre en marche un moteur de recherche interne me plaît. Ce n’est peut-être pas très rationnel, mais les jours où j’ai confiance en la vie et que je me sens bien, j’arrive à prévoir pas mal de choses, ce je considère habituellement comme mon « sixième sens ».  Et comme la plupart des gens, j’ai expérimenté des situations qui ressemblent à de la télépathie. Pourquoi ne pas alors cesser de considérer ces expériences comme le fruit du hasard, et accepter le fait que nous sommes peut-être reliés par des canaux qui nous échappent ?

Je suis reconnaissante à Thomas D’Ansembourg de défricher pour nous, avec brio et humour,  ce que seront peut-être les chemins d’un futur vivre ensemble. Je vais me mettre très bientôt à la lecture de « Du je au nous » la nouvelle édition du bouquin (et mon exemplaire a été gentiment dédicacé #ModeGroupieOn !! ).

 

Plumes et paillettes

Cette semaine, pour la partie écrit de « un défi ou un écrit »nous sommes invités à plancher sur “Plumes et paillettes”. Peut-être bien qu’Agoaye avait en tête, lorsqu’elle a imaginé ce sujet, le côté à la fois festif, léger et réconfortant de ces deux accessoires. Hélas, je n’apprécie guère ni les plumes, ni les paillettes. Elles m’évoquent la gaieté qui me fait trop souvent défaut. Voilà donc un vrai défi que je choisis de relever ! Et je serai bienveillante avec ma maladresse, puisque je veux que chaque écrit me permette de progresser.

Plumes qui jonchent le sol de l’immense volière de mon ami. J’en respire la lourde odeur, j’écoute les pépiements des occupants, et m’attendris devant l’oisillon fraîchement éclos.

Plumes arrachées de l’oiseau attrapé par le chat. Ou pire, celles de l’oie plumée à vif, pour un duvet ou un oreiller.  Comme je déteste ces plumes de souffrance !

Plume trouvée lors d’une promenade en forêt, et qui complétera la coiffe d’indien d’une fillette ravie.  Morceau de nature si fragile qu’il s’abimera bientôt sous des doigts maladroits et étourdis, et que des adultes jetteront en douce.

Plumes sur l’imprimé du tee-shirt de ma fille, oublié depuis trop de mois sur un cintre et retrouvé hier, comme un clin d’œil du destin au défi de la semaine !

Tee-shirt noir à plumes

Elle ne dort pas, elle tète 😉

Les paillettes “pour décorer les dessins”, sorties du placard de la maîtresse, lors d’un coup de mou pédagogique.  “ Maîtresse, elles sont belles ces paillettes !! “.  Les petites touches dorées qui s’incrustent sur les joues et les cheveux, au grand ravissement des enfants. Les paillettes font décidemment partie de l’arsenal pour instiller un peu de douceur dans le train-train de la classe.

Les paillettes dans le placard de l’entrée, achetées pour occuper les Doux. Sans elles, nos traditionnels bricolages de Noël perdraient sans doute de leurs charmes.  La boîte, pourtant bien fermée, a été renversée par terre par un bébé astucieux, sous les hurlements agacés des aînés. Nous serons envahis de paillettes pendant quelques jours. Minuscules, elles savent se défendre face à l’aspirateur.  Parfois, je me laisse prendre au jeu et m’empare du vernis-colle pour « décorer » moi aussi. Pourtant, je n’ai pas souvenir d’avoir joué avec des paillettes enfant. Ce n’était pas encore très répandu ou bien  j’étais une petite fille trop sérieuse. Où est-ce parce que j’ai appris, plus ou moins explicitement, que le futile c’était mal ?

Photo de paillettes

Collage de paillettes, pas plus tard qu’hier soir.

Les paillettes, touches de couleur jaune, dans l’iris bleu d’un être aimé. Bien que je le connaisse depuis presque vingt ans, j’ignore de qui il a hérité cette couleur.

Les paillettes que le soleil allume dans la neige, une matinée d’école buissonnière avec mon fils aîné. Collés l’un contre l’autre, skis aux pieds sur le télésiège, nous admirons les sapins et guettons les écureuils. J’écoute son bavardage, léger mais déjà pertinent, et je me demande quelle reine a un tel privilège. J’aime ces paysages et cette liberté arrachée au quotidien.

Les plumes et paillettes, enfin, ce sont aussi celles des réseaux sociaux, de nos comptes Facebook ou Instagram. Ce sont les faces légères de nos existences, toutes ces jolies photos qui laissent croire que leurs auteurs mènent une vie rêvée.  Les likes et les commentaires font toujours du bien, même si peu l’avouent franchement. Etre bienveillant, c’est parfois voir cet étalage comme une revanche sur une réalité bien plus morne. « Show must go on » et le virtuel sait se faire un instant réel.

 

Voilà j’en ai terminé. J’ai du me creuser un peu la tête pour pondre ces quelques lignes, mais finalement j’aime bien mon texte. Merci à Agoaye pour son idée, et aussi à ceux qui m’ont lue jusqu’au bout.

 

Des bonnes résolutions ou ma p’tite liste pour 2016 (défi d’Agoaye)

Grâce aux tweetcopines, j’ai découvert ce week-end  « un défi ou un écrit », la géniale proposition d’Agoaye pour 2016 (tout est fort bien expliqué sur son blog). Comme je n’ai pas été très inspirée ces temps ci, je me suis dit « Tiens, voilà une chouette occasion de réveiller ce blog qui roupille depuis beaucoup trop longtemps ».  Et surtout le thème retenu est celui de la bienveillance,  ce qui est quand même LE truc dont nous avons tous besoin. Je renonce pour le moment à la partie défi et choisis la partie écrit, en m’emparant du sujet de la semaine.

Ma p’tite liste pour 2016 (ou les bonnes résolutions que je m’efforcerai de tenir, puisque tout se tient) : 

 « Célébrer et Savourer ce qui est » :

Tout d’abord, la vie avec les Doux, nos rires, délires et discussions sans fin … Les regarder sans cesser de s’émerveiller.  Les petites mains glissées dans la mienne. Un dessin animé regardé ensemble, serrés sous les couvertures. Débattre longuement avec le Grand de qui mérite la palme du plus mignon droïde de StarWars. Fondre en regardant le Moyen habiller sa petite sœur.  Admirer la plus petite, si confiante,  glisser sur le toboggan pour plonger la tête la première dans la piscine. Prendre la pleine mesure de tout les petits fils qui tissent la trame de notre amour. L’immense fierté à chaque petit progrès. Des premiers mots à une première étoile épinglée à un anorak. Se dire qu’il ne reste pas beaucoup d’années avant qu’ils ne comptent, skient, nagent mieux que leurs parents, et que c’est tellement chouette.

Savourer les jolies amitiés cœur à cœur.  Les liens qui se nouent, les barrières qui tombent. Les surprises et coïncidences. Prendre soin et chérir ce qui est déjà là.

Reconnaître la chance que j’ai de vivre ici et maintenant, en famille dans cette maison confortable, ce pays en paix. Continuer à ne pas l’oublier.

« Réparer et avancer » 

Nourrir l’enfant en moi, la petite fille qui, si souvent, pleure et tape des pieds à l’intérieur. Réparer et remplir ce fichu réservoir affectif d’amour et de sécurité. Combler le méchant vide dans ma poitrine, celui dont les morsures me réveillent la nuit. Ce manque si profond et incompréhensible. Remettre la tristesse à sa place, ce boulet qui sait si bien plomber les soirs et les matins, et qui, de plus, excelle dans l’art de nous prendre en traître après des moments  heureux.

Pleurer ce qu’il y a à pleurer. Franchement et avec de vraies larmes, celles qui soulagent paraît-il, mais que je suis incapable de verser. Faire le deuil de ce qui n’est plus, de ce que j’aimerais tellement et que je n’aurai peut-être jamais. Il y a tant de poids à jeter par-dessus bord pour me remettre à avancer, et résoudre, peut-être, enfin ce qui me semble insoluble.

Me remettre à travailler, avec un minimum de sérénité. Mettre de l’argent de côté pour des petits plaisirs, voire même un jour une formation. Avoir le sentiment de faire sa part. Travailler, ce serait retrouver une certaine liberté, un de mes horizons pour 2016. Ou comprendre  que ce n’est pas encore le moment de le faire. Ou ne pas travailler alors peut-être, mais l’assumer pour de bon.

Débusquer le positif en toute chose, sans angélisme et sans se mentir non plus.

Cultiver l’honnêteté,  cette si jolie qualité, ce terreau fertile des relations humaines.

Accepter de prendre des risques, de saisir la main tendue et à mon tour de tendre la mienne. Oser risquer les échecs, les ruptures et les pertes,  pour avancer et me sentir vivante.

Remonter mon niveau de confiance en moi,  qui s’est effondré près du zéro absolu ces derniers mois.  Ce qui veut dire, apprendre à me protéger d’abord, et faire preuve de bienveillance envers moi, comme je parviens souvent à le faire avec mes propres enfants.

Ecrire, faire de la musique : sur le blog, ailleurs ou juste pour moi… Pourtant, ce sont des choses que j’ai du mal à m’autoriser,  car la partie plus sensible et artiste qui est en moi me fiche un peu la trouille. Pratiquer avec régularité, avec obstination. Sans se mettre la pression sur les résultats, avec bienveillance toujours, mais sans complaisance. Rédiger chaque semaine comme on fait ses gammes,  comme un nageur enchaîne les longueurs, sans trop réfléchir. Mettre en ligne ce qui est prévu d’être publié. Jouer du violon tous les jours, même très mal, puisque les rêves ont un prix.  En faire une hygiène de vie, une thérapie. Parce que ça fait partie de moi et que, même si ça me gonfle prodigieusement, je meurs un peu si je ne le fais pas.

Rire beaucoup. Dire « je t’aime » plus souvent. Echanger des tonnes de  SMS et de tweets, à propos de rien, à propos de tout, comme l’ado que je ne suis plus depuis longtemps.  Se foutre des remarques pas très bienveillantes à ce sujet.

Et enfin, faire grandir les grains de folie, puisque ce sont ceux qui nous rapprochent du ciel.

macaron défi d'agoaye