Porter un déjà grand

Ce soir du mois d’août, nous avions décidé d’une sortie avec les trois enfants, à une séance de cinéma en plein air sur la plage,  à une grosse vingtaine de minutes de marche de chez mes beaux parents.  La petite Doudouce d’un an à peine dans le Manduca,  je décide d’apporter en prime une écharpe, me doutant que mon Quatre ans peinera à faire le trajet retour en fin de soirée. Le Six ans et nous avons apprécié La Famille Bélier, la petite a tété et dormi, tandis que le moyen jouait dans le sable.

Au retour, le papa a pris Doudouce sur son dos, et j’ai décidé de faire un petit plaisir au moyen  en le chargeant en kangourou dans l’écharpe. Pas facile de réussir le nouage à la taille d’un garçonnet d’un mètre cinq et de 18kg !! Il m’a fallu bien passer le tissu sous les fesses, le tendre et étaler au maximum les pans sur ses cuisses pour obtenir une position grenouille que Moyen a eu l’air de trouver si confortable…  Si confortable que je l’ai senti peu à peu se détendre, poser sa tête blonde et bouclée sur mon épaule, pour finalement s’endormir du sommeil du juste,  alors que j’avais la sensation qu’il pesait finalement à peine plus que sa petite sœur.

Et j’ai été émue. J’ai pensé que c’était peut-être bien la dernière fois que ce petit garçon s’endormait ainsi, lui qui tout bébé ne voulait que l’écharpe, lui qui refusait tout net transat, poussettes et lit à barreaux.  Lui que je sens parfois si en colère, que j’ai trop souvent du mal à comprendre, était lové contre mon dos, la tête sur mon épaule, son souffle caressant ma peau, dans la totale confiance de son sommeil d’enfant. Le dos arrondi,  ses grandes jambes repliées, dans la même position que celle où il dormait il y a déjà quatre ans, on aurait presque pu croire que l’écharpe avait grandi avec lui ! A ce moment, mon Moyen n’était que douceur.

J’aurais aimé que le trajet dure plus longtemps pour profiter de ce moment, mais il a bien fallu arriver. J’ai dénoué tout doucement l’écharpe et j’ai posé mon fils enroulé dedans dans son lit. Quatre ans auparavant il se serait sans doute réveillé en pleurant, lui qui a tellement grandi. Je l’ai embrassé sur le front et l’ai laissé à ses rêves, en me disant que je devais garder ce joli moment avec moi.

Un koala porte son petit

Je l’ai longtemps appelé « mon p’tit Koala », mon moyen 😉

2 réflexions au sujet de « Porter un déjà grand »

    • Le porte bébé y fait beaucoup, notre type de musculature aussi. Mini était trop lourd pour le Mei Tai à 18 mois, les pans me sciaient les épaules, je regrette de pas avoir pensé à reprendre l’écharpe ou acheté un Manduca. J’en profite avec ma fille qui du coup n’est jamais en poussette 🙂

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